7 min de lecture
Passage, tableau, hors tout, dos de dormant, jeu déduit : les 5 types de cotes
Une même ouverture donne cinq mesures différentes selon la convention utilisée. Tant que la convention n'est pas déclarée, un chiffre sur une feuille de cotes ne veut rien dire.
Pourquoi un nombre seul ne suffit jamais
« 1 200 × 1 500 » n'est pas une information complète. C'est une information à moitié transmise, dont l'autre moitié, la convention de cotation, est restée dans la tête du métreur. Le fournisseur, lui, applique la sienne. C'est dans cet écart que naissent la majorité des refabrications.
Le problème n'est pas que les menuisiers ne connaissent pas ces conventions : ils les maîtrisent parfaitement. Le problème est qu'une feuille de cotes papier n'a pas de case pour les écrire, donc elles se perdent entre le chantier et la commande.
Les cinq conventions
- Passage
- La dimension utile réellement franchissable une fois la menuiserie posée et ouverte. C'est la cote qui intéresse le client : celle par laquelle son canapé passera ou ne passera pas. C'est aussi la plus petite des cinq, puisqu'elle déduit le dormant et l'ouvrant.
- Tableau
- La dimension de l'ouverture dans la maçonnerie, mesurée entre les tableaux. C'est la référence la plus utilisée au métré, parce que c'est ce qu'on mesure physiquement avant toute pose. Elle ne dit rien à elle seule de la menuiserie à fabriquer : il faut y appliquer la pose retenue.
- Hors tout
- La dimension extérieure maximale de la menuiserie finie, aile de recouvrement comprise le cas échéant. C'est la cote du produit, pas celle du trou. La confondre avec la cote de tableau donne une menuiserie qui ne rentre pas.
- Dos de dormant
- La dimension prise au dos du dormant, hors aile de recouvrement. Utile en rénovation sur dormant existant, où c'est cette face qui détermine l'appui du nouveau cadre.
- Jeu déduit
- La cote de fabrication : la dimension de tableau moins les jeux de pose nécessaires au calage et à l'étanchéité. C'est ce que le fournisseur va réellement fabriquer. La transmettre sans dire que c'est une cote de fabrication expose au risque que le jeu soit déduit deux fois.
Ce que la convention change concrètement
Sur une même baie mesurée à 1 200 mm entre tableaux, la cote de passage, la cote hors tout et la cote en jeu déduit peuvent s'étaler sur plusieurs centimètres. Aucune n'est fausse. Elles répondent simplement à des questions différentes.
- Le client pose une question de passage : est-ce que ça passe ?
- Le maçon pose une question de tableau : quelle ouverture je réserve ?
- Le fournisseur pose une question de fabrication : quelle dimension je produis ?
- Le poseur pose une question de jeu : combien il me reste pour caler ?
Une feuille de cotes qui ne porte qu'un nombre force chacun à répondre à sa propre question avec la réponse d'un autre.
Déclarer la convention plutôt que la sous-entendre
La solution n'est pas de choisir une convention unique pour toute l'entreprise : les fournisseurs n'attendent pas tous la même, et la rénovation n'appelle pas la même que le neuf. La solution est de rendre la convention obligatoire et explicite sur chaque relevé.
C'est le parti pris du métré digital VeriDoc : chaque bloc de cotes porte son type (passage, tableau, hors tout, dos de dormant ou jeu déduit), choisi dans une liste, jamais laissé implicite. Une même menuiserie peut porter plusieurs blocs quand le dossier l'exige, par exemple un relevé en tableau pour le poseur et une cote en jeu déduit pour le fournisseur.
Cette information ne sert pas qu'à l'impression : elle est conservée jusqu'à la vérification de l'accusé de réception. Quand l'ARC du fournisseur revient, la comparaison sait dans quelle convention la dimension d'origine a été relevée, et ne signale un écart que s'il y en a réellement un.