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Pose en applique, en feuillure ou en tunnel : ce que ça change sur la cote
Trois poses, une même ouverture, trois cotes de fabrication différentes. C'est une décision de chantier, et elle se prend devant l'ouverture.
La pose n'est pas un détail de pose
On a tendance à considérer le type de pose comme une affaire de poseur, à régler le jour de l'installation. C'est une erreur de séquence : la pose détermine la dimension à fabriquer. Elle se décide donc au métré, avant la commande, pas après la livraison.
Une même ouverture de 1 200 mm en tableau ne produit pas la même commande selon qu'on pose en applique, en feuillure ou en tunnel. Si l'information ne circule pas, le fournisseur applique son défaut, et son défaut n'est pas forcément le vôtre.
Les trois poses
- Applique
- La menuiserie vient se plaquer contre le mur intérieur, en recouvrement de l'ouverture. C'est la pose classique du neuf, sur maçonnerie avec doublage isolant. Elle demande une largeur de dormant compatible avec l'épaisseur du doublage, et c'est là qu'interviennent les tapées d'isolation.
- Feuillure
- La menuiserie se loge dans une feuillure ménagée dans la maçonnerie, qui la retient côté extérieur. On la rencontre surtout en rénovation et dans l'ancien. La cote de fabrication dépend directement de la profondeur et de la régularité de la feuillure, qui est rarement constante sur tout le pourtour.
- Tunnel
- La menuiserie s'inscrit dans l'épaisseur du mur, sans recouvrement ni feuillure. Le dormant est visible sur les quatre côtés. C'est la pose la moins tolérante : sans recouvrement pour rattraper, la cote doit être juste et les jeux maîtrisés.
En applique
Le dormant se plaque contre la face intérieure du mur, doublage compris, et recouvre le tableau. La menuiserie est plus large que l'ouverture.
En feuillure
Le dormant se loge dans la feuillure ménagée dans la maçonnerie. La cote utile est prise au fond de la feuillure, pas au nu du mur.
En tunnel
Le dormant s'inscrit entièrement dans l'épaisseur du mur, sans recouvrement. La cote de fabrication se déduit directement du tableau.
Ce que chaque pose exige du relevé
- En applique, l'épaisseur du doublage conditionne la tapée. Elle se mesure, elle ne se suppose pas.
- En feuillure, la profondeur de feuillure se relève en plusieurs points : dans l'ancien, elle varie.
- En tunnel, l'équerrage et l'aplomb du tableau deviennent critiques : trois points de mesure ne sont pas un excès de zèle.
- Dans les trois cas, la convention de cotation retenue doit être déclarée en même temps que la pose. Pose et convention se lisent ensemble.
Structurer l'information plutôt que la commenter
Sur une feuille papier, le type de pose finit dans la marge, à côté du croquis. Il est lisible par celui qui l'a écrit, exploitable par personne d'autre, et invérifiable au moment où l'accusé de réception arrive.
Dans le métré digital VeriDoc, le type de pose est une option à part entière, proposée sur les catégories concernées (portes, fenêtres, châssis fixes, coulissants, volets roulants, portes de garage), avec trois réponses possibles : applique, feuillure, tunnel. Deux taps sur le chantier.
L'intérêt n'est pas seulement de ne plus l'oublier. C'est qu'une donnée structurée peut être comparée : quand le fournisseur renvoie son ARC, la vérification confronte le type de pose confirmé à celui qui a été relevé, au même titre que les dimensions ou la couleur.